Kyllinga erecta Schumach. - CYPERACEAE - Monocotylédone

Code : KYLEL

Synonymes : Cyperus aromaticus (Ridl.) Mattf. & Kuek.
Kyllinga polyphylla Willd. ex Kunth

Noms communs : Faux papyrus, navua sedge.

Français   

Description botanique Biologie Ecologie et répartition Prévention et moyens de lutte

Description botanique :

Adulte : Plante rhizomateuse d’une taille courante de 0,6 m de haut et parfois plus.
Tige triangulaire, glabre, naissant à partir de la base rhizomateuse au niveau du sol en formant des massifs denses.
Les feuilles sont au nombre de 3, situées à la base, glabres, linéaires de 15 cm de long sur 0,2 à 0,4 cm de large. Seulement 1 à 2 d’entre elles ont un limbe développé pouvant atteindre 15 cm de long, toujours plus court que l’axe florifère, linéaire, au sommet aigu et marge scabre.
Inflorescences formées par des têtes globuleuses de 0,6 à 1 cm de diamètre, vertes et sous-tendues par 5 à 8 bractées plus larges que les feuilles. Epillets étroitement serrés, composés de 1 à 2 fleurs, compressées latéralement, de forme elliptique étroite et de 2,5 à 3,5 mm de long.
Fruit elliptique biconvexe, de forme oblongue à obovale, marron à noir, de 2 mm de long, surmonté d’un style bifide.

Biologie :

L’espèce est pérenne et se propage de manière végétative grâce à son système de tige rhizomateuse souterraine en croissance continue qui produit des repousses à intervalles réguliers. Les fragments de rhizomes vivants peuvent être déplacés lors des travaux du sol. La plante se reproduit aussi par ses graines qui peuvent être transportées grâce aux oiseaux granivores ou par la boue adhérente aux animaux, aux engins agricoles et aux véhicules. La floraison survient sur des pieds agés de 2 à 3 mois en saison des pluies. Dans le même temps une nouvelle repousse végétative est produite qui va fleurir elle même en 2 mois. Ce processus continu en fait une espèce très agressive, non appétée par le bétail, sauf au stade jeune dans quelques cas.

Ecologie et répartition :

Kyllinga erecta est natif d’Afrique de l’Est et a été introduit dans de nombreux pays tropicaux et subtropicaux. L’espèce fait partie des 300 espèces envahissantes majeures de l’Australie tropicale, de l’Océan Indien et de l’Océanie dont la Nouvelle-Calédonie, où elle a été observée dès les années 1950. Cette Cypéracée préfère les régions humides et on la retrouve préférentiellement sur la Côte est, plutôt en situation ensoleillée. Ailleurs, elle se cantonne à certaines zones de pâturages dégradés, dans les bas fonds inondés temporairement ou après piétinement d’un sol détrempé par le bétail.

Prévention et moyens de lutte :

Il faut à tout prix éviter le surpâturage, qui favorise la propagation du Faux papyrus. Certaines graminées supportant l’engorgement temporaire peuvent la concurrencer (Brachiaria mutica, Para, Paspalum plicatulum, Setaria grass cv. Kazungula). Les petites infestations peuvent être stoppées en arrachant les touffes et toutes les tiges souterraines. Pour des invasions plus importantes, un travail mécanique du sol hors saison des pluies, fera remonter les rhizomes à la surface pour les faire se dessécher. Le passage répété d’un rouleau permet aussi de briser régulièrement les tiges aériennes. Le contrôle chimique est approprié pour les petites surfaces avec une fréquence de 2 applications de glyphosate en plein en ciblant les zones infestées au dosage de 6 litres par ha de produit commercial pour obtenir un résultat probant (voir dosage sur tableau des modes de contrôle). Une implantation de graminées fourragères adaptées aux sols humides peut s’avérer nécessaire sur les zones traitées.